Coma littéraire

Je sors d’un coma littéraire de trois mois. Je vous connais : après avoir patienté si longtemps derrière votre écran tel un junkie en manque de crack, vous vous attendez à la chronique du siècle. Vous êtes convaincus que vous allez retrouver ma verve véhémente, mon dandysme séduisant et mon cynisme inlassable. Chers lecteurs, je vous le dis : vous allez être déçus. Savez-vous à quel point il est difficile de se réveiller chaque jour et de trouver une idée banale sans révolutionner le genre tout en exprimant une pensée vaine ? Mon absence, cet abandon digital, n’est rien d’autre qu’un aveu de faiblesse.

Je n’ai pourtant pas chômé. En deux mois, j’ai lu vingt-deux livres et regardé cinquante-trois films. J’ai même écrit, beaucoup à vrai dire. Pourtant, ce blog a été victime d’une disette rédactionnelle. Rien. Aucun mot, aucune phrase, aucun article. Les théories pour démystifier cette absence sont d’une absurde nécessité. Elles tentent d’expliquer, a posteriori, l’inexplicable. Chers lecteurs, vous méritez la vérité ! Lorsque nous sommes conscients de l’innombrable quantité de nymphomanes à la santé douteuse qui se jettent sur moi, il est légitime que vous puissiez vous inquiéter : « a-t-il attrapé une MST ? », « a-t-il été kidnappé ? », « est-il en train de profiter de la vie avec deux escorts à Cuba ? ». Dans l’ordre : non, non et oui. Quinn et Destiny, deux femmes merveilleuses que j’ai rencontrées dans un tabac-presse miteux alors que je m’en allais acheter Charlie comme chaque mercredi. Deux femmes russes au français aussi incertain que l’authenticité de leur poitrine. Deux femmes qui, après avoir demandé un extrait de mon relevé bancaire et commandé une bouteille de champagne, m’ont proposé de partir à Cuba, pays de Hemingway. Comment refuser ? Elles étaient chacune munies de deux arguments de taille. Elles, qui offraient à une poignée d’hommes seuls, ruinés de travail ou mal mariés, le réconfort immédiat, savaient comment me parler. Le lendemain, nous décollions pour La Havane. S’en sont suivies de fantastiques aventures dont je ne peux malheureusement aborder le contenu sur ce blog.

Trêve de plaisanterie, je l’annonce : des articles seront publiés durant les prochaines semaines.

5 Replies to “Coma littéraire”

  1. Ça faisait longtemps. Toujours un plaisir de pouvoir te lire.

  2. Le retour du fils prodigue ?

  3. Emmeène-moi avec toi la prochaine fois !

  4. Belle plume

  5. Je suis fan

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