Inepties mythomanes, épisode 2 : Le vidéo-club

Cette semaine, tel un député français, je n’ai rien foutu. Et oui, ma croisière méditerranéenne m’obligeant à côtoyer, au choix, de la gauche caviar ou de la droite catho, je n’ai pas pu écrire une seule ligne. Comment se concentrer sur des faits d’actualité sérieux quand un sketch de Gaspard Proust prend vie devant vous ? Étant incapable de décrypter l’actualité, j’ai décidé, non sans présomption, de la revisiter. Après tout, l’omniprésence de remakes et autres reboots -un lecteur cinéphile pourrait-il m’expliquer quelle est la différence ?- dans le paysage cinématographique mondial nous a formatés alors, pourquoi ne pas la revisiter ? Oups, ma merveilleuse assistante, entre deux fellations -plus que réussies- sous mon bureau Ikéa, me fait savoir que ça existe déjà et qu’il me suffit de me rendre sur les sites internet de RT France et Valeurs Actuelles. Merde. Essayons autre chose. Le récit de mon voyage ? Non, trop ennuyant. Mes aventures de chroniqueur nocturne ? Non, personne ne veut connaître les détails sordides des lieux mondains : les murs ternis par le sperme et le vomi ça n’intéresse personne.

Cher lecteur, comme tu peux le voir, je suis, malgré mes innombrables tentatives, toujours en panne d’inspiration. C’est pourquoi j’ai décidé de te narrer une journée particulièrement bouleversante.

Mardi, 10 heures,

Alors que j’avais donné leur journée à mes serviteurs sans papiers, fête du travail oblige, je décide de vagabonder dans les rues de Pontoise, une petite campagne que les campagnards préfèrent nommer « ville » -ne les froissons pas, ils représentent tout de même 50 % de mes lecteurs-. Durant cette marche presque olympique -à un rythme de 1km/h je pense que nous touchons effectivement le niveau olympique-, je m’aperçois que mon vidéo club a été remplacé par un Kebab. Non pas que j’aie un problème avec la viande de chat consciencieusement déposée sur un rôtissoire non-stérilisé mais je ne peux m’empêcher de verser une larme en pensait à ce feu repère de cinéphiles.

Mais que voulez, de la même manière qu’Amazon tue les librairies et que le porno amateur tue les grands studios du X, Netflix tue les vidéo-clubs. C’est donc avec tristesse et amertume que je rebroussais chemin. Les ruelles étaient sombres, le paysage monotone et le chat de la voisine toujours aussi borgne. En arrivant sur le pas de la porte, mes mains tremblantes se dirigeaient vers la poche de mon caban pour en sortir une clé. J’ouvris la porte et m’allongeai sur le divan.

Cher lecteur, n’ayant plus la force d’écrire, je vais te laisser et noyer mon chagrin en regardant l’intégrale de Californication… sur Netflix !

M.S.

6 Replies to “Inepties mythomanes, épisode 2 : Le vidéo-club”

  1. Je suis ton blog avec attention et je trouve ça excessivement bien fait !
    Serai tu intéressé par un changement de format?
    En effet je trouve que t’es histoires pourraient clairement avoir un très bon rendu sous forme de vidéo diffusant des photos avec en fond, tes histoires racontées.

    1. Merci beaucoup !
      Je n’y avais jamais songé mais l’idée est intéressante, pourquoi pas un jour

  2. Toujours aussi drôle, j’adore !

  3. tu dis que de la merde y a aucun videoclub qui s’est transformer en kebab

    1. C’est bien pour ça que cette série d’articles se nomme « Inepties mythomanes »… Réfléchis un peu, on te voit souvent passer pour un con dans les commentaires

      1. C esrt qui que tu traite de con ?

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