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J’ai traversé la même rue chaque jour sans jamais prêter attention à un tel endroit. Rêveur, je m’évade. J’imagine cette bouquinerie, boudeuse, triste de ne pas me voir m’arrêter, juste un instant. Je l’imagine outrée par mon irrévérence. Je l’imagine m’insulter malgré mes écouteurs couvrant le bruit justifié de ses injures. Je l’imagine verser une larme et s’apitoyer sur son sort. Je l’imagine avoir peur ; avoir peur de cette jeunesse incapable de lever les yeux et de découvrir le divertissement d’autrefois. Ce divertissement d’autrefois pourtant bel et bien actuel. Mais que voulez-vous ? La lecture d’un lauréat du Goncourt ne pèse rien face au dernier tweet de Nabilla. J’imagine cette bouquinerie pleurer la mort prématurée de cette société où l’écrivain est remplacé par le youtuber ; et le livre par jeanmarcmorandini.com

Dorénavant, je lèverai les yeux plus souvent.

M.S.