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La vie romanesque de Romain Gary, tantôt vécue tantôt rêvée, a toujours fasciné et, avec cette adaptation d’Éric Barbier, la « promesse » d’adapter un chef-d’œuvre littéraire intemporel est réussie.

 

Exceptionnellement, je vais me détacher de ce personnage arrogant et antipathique -que j’ai moi-même élaboré et avec lequel je joue en permanence- et je ne lâcherai pas, au grand désarroi de mes plus grands détracteurs, cette phrase absolument conventionnelle et presque obligatoire : « Le livre était quand même vachement meilleur».

Je ne le ferai pas car j’aime les mots. Les mots sont importants. Les mots ont un sens. Adaptation ne signifie pas retranscription. Ainsi, il est inutile de juger une adaptation cinématographique sur la valeur de sa retranscription mais bel et bien sur sa qualité en tant qu’œuvre, en tant qu’œuvre à part entière.

La vie romanesque de Romain Gary, tantôt vécue tantôt rêvée, a toujours fasciné et, avec cette adaptation d’Éric Barbier, la « promesse » d’adapter un chef-d’œuvre littéraire intemporel est réussie.

La Promesse de l’Aube est avant tout une fresque, la fresque de l’inconditionnel et frénétique amour que porte une mère, Nina Kacew, à son fil, apparaissant comme un faire valoir narcissique et dans lequel elle place des espoirs presque chimériques. Éric Barbier retranscrit en images la puissance d’un texte indémodable et signe une adaptation bouleversante. Le protagoniste est interprété par trois acteurs au cours de ce récit : le très prometteur Pawel Puchalski, le dispensable Nemo Schiffman et l’incontournable Pierre Niney ; permettant une réelle narration à travers le temps.

Cette adaptation se distingue des autres en n’oubliant jamais qu’elle est un récit, où réalité fait écho à l’imaginaire. Toute l’émotion de ce film advient lorsque le réel reprend ses droits sur le fantasme.

 

La Promesse de l’Aube nous prouve que roman et film peuvent exister, coexister, se suffire à eux même pour finalement être des œuvres à part entière.